Laurent Dumortier

Laurent Dumortier est né à Namur en 1989. Il est diplômé de l’Académie Royale des Beaux-Arts de Bruxelles, où il étudie le dessin.

Laurent Dumortier développe une pratique artistique principalement orientée vers le dessin. Celle-ci interroge la figuration, la mise en scène, le corps-personnage et la narration s’inscrivant sur le papier. Son travail est donc nourri de recherches, de photographies et d’écritures qui servent à construire ou déconstruire l’image-dessin. Les recherches plastiques de Laurent Dumortier questionnent la position du « voyeur », c’est-à-dire « observer sans intervenir », dans un cadre précis : le champ offert par la fenêtre. Lors de balades nocturnes, saisis dans leurs intimités, cachés derrières vitres et rideaux, les voisins ou gens de la ville y seront, dans un premier temps, « épiés ». Une position qui fait référence aux textes de Pierre Klossowski, notamment Le Bain de Diane (1956), où la vision érotique se construit autour d’un va-et-vient entre « le voir et l’être vu », « le corps et l’esprit », « la présence et l’absence » ; ainsi ce serait comme toucher l’Autre par le regard, au seuil de la fenêtre. Le dessin serait alors un accès possible à ce qui est inaccessible. Ouverture du rideau, de l’écran : la scène se rejoue. Chez Alberti, dans son traité De Pictura (1435-36), la fenêtre « encadre une représentation narrative » et « ouvre sur l’histoire ».

 La limite entre la position de voyeur de Laurent Dumortier et l’intimité de ses voisins ouvre une parenthèse orientée vers le phantasme, vers une narration – une vision construisant sa propre histoire, se détachant peu à peu de la réalité. Dans ses dessins, il convoque donc la position du « voyeur » ; le cadre narratif de la fenêtre dans la ville de Bruxelles (avec ses meneaux, ses croisillons, ses dimensions, ses styles, etc.) ; la représentation avec son langage plastique traduit par le cadrage, la composition ou mise en scène, le médium, la surface, etc. ; et en son centre, des histoires dont le « corps » des voisins seront les principales figures – figurations. Le dessin devient alors – même plongé dans la nuit, par le biais de la fenêtre – un moyen d’ « éclairer » un espace ayant sa propre vérité picturale.

LIENS

Site web